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Goult village caché

À près d’un kilomètre de la D900 qui relie Apt à Avignon, Goult, 1205 âmes, est à l’écart de l’agitation touristique qui règne alentour. La volonté des Goultois est d’ailleurs de préserver cet esprit village en privilégiant un tourisme tranquille appuyé sur le patrimoine et les richesses de pays.

Du château au moulin

En montant à pied au sommet du village, on passe sous l’imposant château édifié sur un roc par la Famille d’Agoult au XIIe siècle. Le dédalle des rues devient alors un labyrinthe charmant amenant jusqu’au moulin de Jérusalem qui surplombe la vallée et offre un très beau point de vue sur le Luberon. En ruine en 1947, l’Institut géographique national l’acquiert pour en faire le point de ralliement de son centre d’enseignement. L’IGN restera plus de 40 ans à Goult, amenant du printemps à l’été de jeunes étudiants au village. En 1990 la commune le rachète et lui redonne son aspect d’antan.

Le Conservatoire des terrasses

Du moulin on se rend à pied sur un autre site remarquable, le Conservatoire des terrasses de cultures qui s’étage sur cinq hectares, plein sud face au Luberon, dans un amphithéâtre naturel. Restaurés par le Parc naturel régional du Luberon et la commune dans les années 80,

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ces “restanques“ ou “bancau“ couverts d’oliviers et d’amandiers, associent l’eau et la pierre. Ils témoignent du passé agricole. Aujourd’hui, sur l’ensemble de la commune la vigne est privilégiée et le village compte plusieurs caves vinicoles.

Lumières dans la vallée

Si Goult se cache sur les hauteurs, son hameau de Lumières, aux avant-postes sur la route, a toujours constitué une halte pour les voyageurs. La légende veut que, depuis le village on observe des  petites lumières rouges la nuit dans ce vallon.
Le sanctuaire Notre-Dame de Lumières est un haut lieu de pèlerinage qui recèle de nombreux ex-voto et une crypte magnifiquement décorée.
Devant l’ancienne gare Goult-Lumières passe la véloroute. En contrebas on peut encore découvrir le Dolmen de l’Ubac datant du  néolithique.

Gens de pays : Joëlle Maurel

Elle en a vu passé des Goultois et des touristes depuis 1961, date à laquelle elle a épousé le neveu de l’épicerie Bourgue- Maurel, ouverte en 1875 et jamais fermée depuis cette date.  « Des commerces, il y en avait davantage dans les années soixante et moins de touristes. Les premiers “étrangers“ ont été les gars de l’IGN qui arrivaient au printemps et amenaient des élèves. Ça faisait de la jeunesse au village et une ambiance très joyeuse. Mais les vrais premiers vacanciers sont venus pour le calme et la campagne, dans des maisons pas équipées de gaz ; d’ailleurs on leur louait des réchauds à gaz. Ils trouvaient de tout à l’épicerie, c’était une caverne d’Ali Baba, mais surtout un lieu de rencontre et de convivialité. Beaucoup payaient à la semaine. Puis les vieilles pierres et le Luberon sont devenus à la mode, alors on s’est agrandi mais l’esprit est resté le même et l’épicerie est toujours un lieu authentique et vivant. D’ailleurs on est ouvert toute l’année et l’hiver quand tout est fermé c’est ici que les Goultois viennent prendre le café. »
Nostalgique Joelle ? Pas du tout. Elle regarde l’avenir et reste très impliquée dans la vie du village et le monde associatif. Cette lauréate du Mercure d’or de l’épicerie française a d’ailleurs assuré sa relève : son fils Sylvain et son petit-fils Michel ont repris le flambeau. Une belle histoire de famille.