Lacoste, village d’artistes
Dès l’époque gallo-romaine, l’éperon de Lacoste est surmonté d’un oppidum autour duquel le village se construit par étage.
Une communauté vaudoise
Au début du 14e siècle, une importante communauté vaudoise du Piémont s’établit à Lacoste et fait prospérer la commune. Elle paiera au prix fort les discriminations religieuses et subira les massacres de 1545 en même temps que Mérindol, Oppède… … bien avant les guerres de religion qui secouèrent le France.
Le château de Sade
Le château construit sur l’oppidum se transformera, d’abord avec la famille de Simiane, puis avec la famille de Sade. Le divin marquis fut le dernier seigneur du village. Il y entreprit de grands travaux. Les péripéties de son existence ne lui laissèrent pas beaucoup le temps d’en profiter. Pendant la Révolution comme tous les châteaux alentour, sa demeure fut pillée par les Lacostois, mais aussi par l’administration révolutionnaire. Le marquis, la mort dans l’âme, dut se résoudre à vendre son château en 1796.
L’apogée : 19e et début 20e siècle
Lacoste doit son extension à l’exploitation de la pierre calcaire durant deux siècles. Avec l’importante collectivité d’ouvriers carrier, la population se développa jusqu’à plus de 600 personnes.
Au moment où l’exode rural vidait les villages, les carrières permirent aux Lacostois de devenir double actifs : carriers en hiver et agriculteurs à la belle saison. Les nombreux graffiti témoignent de ce moment sur les parois des carrières désaffectées : échos d’un dur labeur dans la poussière, mais aussi des fêtes qui s’en suivaient. C’est aussi une période de paix sociale à Lacoste où les trois communautés de pensée vivent en bonne intelligence : catholiques, protestants et libres penseurs.
André Breton devant la statue de Malachier
Le plus célèbre de ces carriers fut sans doute Louis Malachier qui, meunier et carrier, fut aussi sculpteur naïf sur la route du château. André Breton en pèlerinage sur les pas du marquis de Sade, ne s’est-il pas fait photographier au début du 20e siècle à côté d’une sculpture de Malachier?
Un village d’artistes
Dès les années 50, de jeunes artistes, principalement venus de l’Europe du Nord, attirés par la lumière, rachètent des ruines, les retapent, et font souche en envoyant leurs enfants à l’école du village. Respectueux et admiratifs de la culture rurale, il n’était pas rare que le fils de danois apprenne à parler le provençal !
Avec 430 habitants, Lacoste aujourd’hui compte plus d’artistes que d’agriculteurs, ou même de carriers.
Un américain amoureux du village y a créé l’antenne d’une école d’art américaine, qui envoie des étudiants par sessions tous les deux mois.
Quant au château, sa restauration fut entreprise par un professeur d’anglais du lycée d’Apt, André Bouër, qui y consacra son existence. A son décès, sa veuve le légua à Pierre Cardin, qui entreprit de consolider l’ensemble, et de créer le Festival de Lacoste dans une carrière attenante.
Lacoste avec la moitié de résidences secondaires, n’en a pas moins un tissu social très vivant : une école communale à la pédagogie rénovée, des artisans, deux cafés-restaurants…, un monde associatif très riche. Les logements sociaux attendus pour 2017 lui permettront encore de se développer.



